Ingrédients dans le dentifrice et le bain de bouche peuvent créer des germes résistants aux antibiotiques !

La longue histoire du triclosan

Ce n’est pas la première fois que ce composé antibactérien est reconnu pour son rôle dans la résistance aux antibiotiques.

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Les preuves des effets négatifs potentiels du triclosan – perturbation endocrinienne, réduction du nombre de spermatozoïdes, création de ” superbactéries ” – ont conduit la Food and Drug Administration (FDA) en 2016 à ordonner aux entreprises de cesser la commercialisation des savons et des produits de douche qui contiennent ce composé.

Mais cette recommandation ne s’étendait pas aux dentifrices et aux bains de bouche, où l’utilisation du triclosan persiste.

“Sur la base des preuves scientifiques, le rapport bénéfice/risque s’est avéré favorable pour ce produit”, a déclaré un représentant de la Division of Health Communications, Center for Drug Evaluation and Research de la FDA.

En France, comme dans toute l’Union Européenne, la concentration maximale du triclosan dans les produits finis est fixée à 0,3% depuis 2013. Le triclosan est également autorisé dans les bains de bouche, mais à une concentration maximale de seulement 0,2%. En revanche, il est interdit dans tous les produits de rasage depuis le 30 octobre 2014.

Si les teneurs dans les dentifrices ou les cosmétiques pris isolément sont jugées acceptables, on peut s’interroger sur le niveau de risque d’une utilisation combinée de plusieurs produits contenant du triclosan au cours d’une même journée et ce pendant plusieurs années.

Un problème persistant !

“La résistance aux antibiotiques est en train de devenir l’un de nos problèmes les plus persistants “, a déclaré le Dr Amesh A. Adalja, chercheur principal au Johns Hopkins Center for Health Security du Maryland. “Ces bactéries s’infiltrent maintenant dans la communauté. Il y a vraiment une sous-appréciation de la menace de résistance aux antibiotiques.”

Vous n’avez pas besoin de savons antibactériens lorsque le savon ordinaire et l’eau sont tout aussi efficaces sans le risque de favoriser la résistance des bactéries aux antibiotiques.

Au contraire, ” il y a beaucoup de preuves que ces environnements surstériles ont un impact sur la population “, dit Adalja. Cela inclut un risque accru d’allergies.

Autre préoccupation, les antibiotiques ne sont pas seulement utilisés pour traiter les infections existantes, mais aussi pour prévenir les infections.

Par exemple, les personnes qui reçoivent une greffe d’organe et même une chirurgie de routine reçoivent habituellement des antibiotiques à titre prophylactique.

Sans ces antibiotiques efficaces, ” la médecine moderne va revenir à l’ère de la prépénicilline “, prévient Adalja.

Éviter la résistance aux antibiotiques.

C’est le scénario apocalyptique et, dans certains cas, nous sommes peut-être déjà au bord du précipice, selon le Dr Aaron Glatt, porte-parole de l’Infectious Diseases Society of America et président du South Nassau Communities Hospital à New York.

Par exemple, les antibiotiques quinolones étaient autrefois des médicaments efficaces pour traiter la pneumonie acquise en communauté, mais la résistance aux antibiotiques les a rendus largement inefficaces, selon les études.

La surconsommation de composés antibactériens et d’antibiotiques en général – qu’ils soient surprescrits ou mal pris – est quasiment à l’inverse de la logique de vaccination.

Les gens prennent trop d’antibiotiques ou abusent des antibactériens pour se protéger alors qu’en réalité ils nuisent à la santé publique. Il faut comprendre que si ça ne marche pas sur vous, ça fait mal aux autres. Il y a là une responsabilité personnelle et aussi une responsabilité de santé publique.